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Lorsque la nature te révère

                                   

Ô que la nature est belle lorsqu’elle déploie ses merveilles

Je suis stupéfaite de voir toute la majesté qu’elle m’adresse

Marchant dans ses chemins elle semble me donner la main

Me conduisant discrètement vers d’autres endroits tout aussi surprenants

Où  fleurs nouvelles en ombelles multicolores

Et arbres bourgeonnants dont, notre beau et majestueux saule

 Ployant comme s’il me révérait  avec gratitude mes petites incertitudes

Qui m’étourdirent soudainement l’esprit, jusqu'à enivrer toutes mes pensées

Des plus beaux souvenirs qui ont paré mon cœur, telle une princesse de contes de fées.

 Et qui me le ravissent encore et encore  maintenant

Tout en me redonnant mon cœur d’enfant

Car, le seul et grand amour qui a su réellement conquérir mon cœur pour la vie

C’est tout simplement Henri, homme merveilleux qui nous rendait

Incroyablement heureux, nous étions chaque jour parés de nos plus beaux Atours . . .

L’AMOUR, celui qui illumine vos yeux, votre cœur, enfin tout.

Henri est au paradis maintenant, mais quel  présent il a laissé tant dans mon cœur que dans mes pensées les plus

 secrètes.

Jamais je ne saurais oublier l’homme qui m'a tout donné et m’a laissé pour héritage un cœur sans ombrages

et un amour infini pour toi . . . Henri.

Maintenant, je comprends que dans l’échelle du temps cela ne sera qu’une simple trace,

que la vie continuera inexorablement sa route et s’étalera encore et encore devant moi,

plus grand qu’un soupir, plus encore qu’un souvenir

Une vie entière est là chaque jour en moi je continuerai mes balades

Où nous avions des multitudes de communions ensemble

Alors que Dame nature sera toujours là pour toi et moi mon amour

Et nous saurons que fleurs et  papillons y danseront pour nous la valse des saisons.

Ta petite chatte qui t’aime et t’aimera tout le restant de sa vie

 

« Hommage à deux merveilleuses personnes qui ont eue la chance de connaître l’amour infini.

" Renée et Henri "  

 

Altaïr " Le Prince des étoiles" ton ami de coeur, le mardi 17 avril 2007(c)

 

 
 
L'Amitié
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Pareille aux quatre éléments, elle se moque des frontières et traverse le temps.
Elle est cette main qui se tend , ce regard qui comprend, ce sourire gravé dans ta mémoire pour longtemps.
Ni d'or ,ni d'argent, ni paroles cousues de fil blanc, elle n'est que sentiment.
Depuis toujours, tu l'espérais très souvent tu t'en es approché.
Aujourd'hui, c'est pour toi qu'elle est là.
Alors comme un lien de sang, elle t'offre cette sœur que tu attends.
Protèges-la à présent et à jamais respecte son nom……
L'Amitié.
 
 
 
 
LE LAC.
*********
Ainsi, toujours poussés vers des nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour,
ne pourrions-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul JOUR ?
O LAC ! L'année à peine a fini sa carrière, et près des flots chéris qu'il devait revoir.
Regarde ! Je viens seule m'asseoir sur cette pierre ou tu le vis s'asseoir !
Tu mugissais ainsi sous les roches profondes ; ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes sur les pieds adorés.


UN JOUR t'en souviens-tu ? Nous voguions en silence, on entendait au loin sur l'onde et sur les cieux,
que le bruit des rameurs, qui frappaient en cadence les flots harmonieux.
Tout à coup des accents, inconnus à la terre et du rivage charmé frappèrent les échos ;
le flot fut attentif, et la voix qui m'est si chère laissa tomber ces mots ;

N'oublie pas , je serai toujours près de TOI !

 

 

 
 
Les heures claires.
 
Chaque heure, ou je pense à ta bonté, si simplement profonde,
je me confonds en prières vers toi.
Je suis venue si tard vers la douceur de ton regard et de si loin.
Vers tes deux mains tendues, tranquillement, par à travers les étendues.
J'avais en moi tant de rouille tenace qui me rongeait à dents rapaces.
J'étais si lourd, j'étais si las, j'étais si vieux de méfiance ;
J'étais si lourd j'étais si las du vain chemin de tous mes pas ;
Je méritais si peu la merveilleuse joie de voir ton sourire illuminer ma vie,
que j'en reste tremblante encore et presque en pleurs, humble ,à tout jamais en face du BONHEUR.

( Emile Verhaeren.)

 

 
 
 
 
La chapelle
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La chapelle est là avec ses portes au large. Comme la maison de tous ou il fait bon s'asseoir.
Pour se remettre de ses peines et parfois y prier. Pour ceux qui sont partis et qu'on n'a pas su oublier .La chapelle est là avec ses portes au large.
La chapelle est là avec sa Notre-Dame, qui accueille tous les soucis en tendant ses deux mains,
et qui comprend si bien puisqu'on ne la supplie jamais, sans retrouver un peu d'espoir pour le lendemain
.La chapelle est là avec Notre-Dame.
Je me souviens d'un bonheur sublime du jour ou, au crépuscule , dans cette petite chapelle
,en nous tenant par les mains , nous ne faisions qu'un ombre, nous nous sommes unis devant Notre-Dame.
Je suis retournée souvent m'y rasseoir toute seule et j'y ai dit ma peine en pleurant bien souvent .
J'ai prié pour nous avec un cœur bien lourd et l'espoir de pouvoir nous unir à nouveau un jour pour toujours.
La chapelle avec Notre-Dame est toujours là et moi aussi hélas !

(Interprétation personnelle à partir d'un texte de Albert YANDE. )

 

 


 

Un sourire.

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit ceux qui le donnent. Il ne dure qu'un instant.
Mais son souvenir est parfois éternel. Personne n'est assez riche pour s'en passer.
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter.
Il crée le bonheur au foyer. Il est le signe sensible de l'amitié.
Un sourire donne du repos à l'être fatigué. Rend du courage au plus découragé .
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler.
Car c'est une chose qui n'a de valeur, qu'à partir du moment où il se donne.
Et si quelquefois vous rencontrez une personne, qui ne sait plus avoir le sourire,
soyez généreuse, donnez lui le vôtre.
Car nul n'a autant besoin d'un sourire, que celui qui peut en donner aux autres
 

 

 

Toi l'étranger .

Toi l'étranger que j'ai croisé sous les lumières de la ville.
Dans la nuit de ton corps plombé par la fatigue et
les blessures de ton âme, tu m'a souri quand je t'ai demandé du feu.
La petite flamme que protégeaient tes mains usées par le travail est devenue, soudain une étoile ,
un trait de lumière et de la complicité des quelques mots échangés dans le vent et le froid.
Ton sourire, au coin de la rue, quand tu t'es retourné vers moi,
comme en un rêve de fraternité qui courait vers les sources,
de nos enfances de neige et de soleil, restera, pour moi ,
image et symbole de cette étoile de décembre, qui sur terre brillera….DEMAIN.

J.P.SCHNEIDER.)
 

 

 
 
 
  La Rose

 Mignonne, allons voir si la rose
 Qui ce matin avait éclose
 Sa robe de pourpre au soleil
 A point perdu cette vêprée
 Les plis de sa robe pourprée
 Et son teint au vôtre pareil.
 
 Las ! Voyez comme en peu d'espace,
 Mignonne, elle a dessus la place,
 Las, las ! Ses beautés laissées choir !
 O vraiment marâtre Nature
 Puisqu'une telle fleur ne dure
 Que du matin jusque au soir !
 
 Donc si vous me croyez, mignonne,
 Tandis que votre âge fleuronne
 En sa plus verte nouveauté,
 Cueillez, cueillez votre jeunesse :
 Comme à cette fleur la vieillesse
 Fera ternir votre beauté.

 (Pierre de Ronsard )
 

 
 

 
 
 LA MUSIQUE
  
   La musique souvent me prend comme une mer !
 Vers ma pâle étoile,
 Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
 Je mets à la voile
 
 La poitrine en avant et les poumons gonflés
 Comme de la toile,
 J'escalade le dos des flots amoncelés
 Que la nuit me voile ;
 
 Je sens vibrer en moi toutes les passions
 D'un vaisseau qui souffre ;
 Le bon vent, la tempête et ses convulsions
 Sur l'immense gouffre
 Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
 De mon désespoir !

 (Charles Baudelaire)
 

 

 

 
 L'amour caché

 
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
 Un amour éternel en un moment conçu :
 Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
 Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
 
 Hélas! J’aurai passé près d'elle inaperçu,
 Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
 Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
 N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
 
 Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
 Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
 Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.
 
 A l'austère devoir pieusement fidèle,
 Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
 " Quelle est donc cette femme ? " Et ne comprendra pas

  (Félix Arvers 1806-1850)
 

 
 

 
 
 Mon rêve familier

  Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
 D'une femme inconnue et que j'aime, et qui m'aime
 Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même,
 Ni tout à fait une autre, qui m'aime et me comprend
 Car elle me comprend et mon coeur, transparent
 Pour elle seule, hélas ! Cesse d'être un problème
 Pour elle seul, et les moiteurs de mon front blême,
 Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
 Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
 Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
 Comme ceux des aimés que la Vie exila.
 Son regard est pareil au regard des statues,
 Et pour sa voix, lointaine, si calme et grave, elle a
 L'inflexion des voix chères qui se sont tues

 (Paul Verlaine)
 

 
 

  
 
HARMONIES DU SOIR
 
  
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
 Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ...
 Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
 Valse mélancolique et langoureux vertige !
 
 Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir,
 Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
 Valse mélancolique et langoureux vertige !
 Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
 
 Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
 Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
 Le ciel est triste et beau comme un grands reposoir,
 Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
 
 Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
 Du passé lumineux recueille tout vestige !
 Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
 Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

 (Charles Baudelaire)

 
 
 
 

 
 
Et si tu n'existais pas ?
 
 Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerai ?
 Pour traîner dans un monde sans toi, sans espoirs et sans regrets ?
 Et si tu n'existais pas, j'essayerai d'inventer l'amour,
 Comme un peintre qui voit sous ses doigts, naître les couleurs du jour
 Et qui n'en revient pas…
 
 Et si tu n'existais pas ? Je ne serais qu'un point de plus,
 Dans ce monde qui vient et qui va, je me sentirai perdu,
 J'aurai besoin de TOI.
 
 Et si tu n'existais pas ? Dis-moi comment j'existerai ?
 Je pourrais faire semblant d'être moi et ce ne serait pas vrai.
 Et si tu n'existais pas ? Je crois que je l'aurais trouvé
 Le secret de la vie, le pourquoi pour te créer et pour te regarder...
 
 Dis-moi pourquoi j'existerai par traîner dans ce monde sans toi
 Sans espoir et sans regret, j'aurai besoin de TOI…

 
 

 

 

 
 
 
Le portrait d'un oiseau
 
 
 
Peindre d'abord une cage avec une porte ouverte,
 Peindre ensuite quelque chose de joli, de simple et de beau,
 Placer ensuite la toile contre un arbre ou dans un jardin.
 
 Se cacher derrière l'arbre, silencieusement sans bouger...
 Parfois l'oiseau arrive vite, ou bien des années après,
 Ne pas se décourager : attendre.
 
 Si l'oiseau arrive, attendre que l'oiseau pénètre dans sa cage,
 fermer alors tout doucement la porte avec le pinceau,
 Puis effacer un à un tous les barreaux... Peindre ensuite le
 vert feuillage, la fraîcheur du vent, la poussière du soleil,
 le bruit des bêtes, de l'herbe dans la chaleur de l'été.
 
 Si l'oiseau chante c'est bon signe, vous pouvez alors signer le
 tableau en arrachant tout doucement une des plumes de l'oiseau
 et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 (Jacques Prévert 1903-1976)

 

 

 
Poèmes saturniens


Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.


Par Paul Verlaine

 


Fleurs Du Mal.

Homme libre, toujours, tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables !

Par Charles Baudelaire

 

 



 
Mon cœur est un violon.

Mon cœur est un violon
Sur lequel ton archet joue
Et qui vibre tout du long.
Appuyé contre ta joue
Tantôt l'air est vif et gai
Comme un refrain de folie
Tantôt le son fatigué
Traîne avec mélancolie

Dans la nuit qui s'achève
Mon cœur est plein de toi.
La musique est un rêve
Qui vibre sous tes doigts
Sous tes doigts la caresse
Rend mon désir si fort
Qu'il va jusqu'à l'ivresse
Et meurt à la fin de l'accord

Mon cœur est un violon
Sur lequel ton archet joue
Et qui vibre tout du long
Appuyé contre ta joue
Tantôt l'air est vif et gai
Comme un refrain de folie
Tantôt le son fatigué
Traîne avec mélancolie

Et vibrant à l'unisson

Mon cœur est un violon... (Auteur inconnu.)


 
 
 
 
Tournesol

Ce jour-là,
une formidable explosion
de jaune
se répandit
sur toute la surface
de la voûte céleste.

Pendant un moment,
il n'y eut plus
le moindre recoin de bleu dans le ciel.
Puis, tout le jaune
se résorba
vers un seul point,
laissant le bleu
reprendre sa place
dans l'espace.

Le jaune
qui n'était jusque là
qu'une tache informe
se définit
pour bientôt s'épanouir comme un bourgeon
tourné vers le soleil.

Une fleur
sans pareille
venait de naître
dans le ciel.
On la baptisa
« tournesol »


 

 


 
Quand on ne cherche qu'à se plaire

Quand d'un esprit doux et discret
Toujours l'un à l'autre on défère,
Quand on se cherche sans affaire
Et qu'ensemble on n'est pas distrait ;

Quand on n'eut jamais de secret
Dont on se soit fait un mystère,
Quand on ne cherche qu'à se plaire,
Quand on se quitte avec regret ;

Quand, prenant plaisir à s'écrire,
On dit plus qu'on ne pense dire,
Et souvent moins qu'on ne voudrait

Qu'appelez-vous ce cela, la belle ?
Entre nous deux cela s'appelle
S'aimer bien plus que l'on ne croit. (Saint Pavin)

 

 

 

 
 
A la fenêtre, pendant la nuit

Les étoiles, points d'or, percent les branches noires ;
Le flot huileux et lourd décompose ses moires
Sur l'océan blêmi ;
Les nuages ont l'air d'oiseaux prenant la fuite ;
Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,
Comme un homme endormi.

Tout s'en va. La nature est l'urne mal fermée.
La tempête est écume et la flamme est fumée.
Rien n'est, hors du moment,
L'homme n'a rien qu'il prenne, et qu'il tienne, et qu'il garde.
Il tombe heure par heure, et, ruine, il regarde
Le monde, écroulement.

L'astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ?
Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ?
Le sera-t-il toujours ?
L'homme a-t-il sur son front des clartés éternelles ?
Et verra-t-il toujours les mêmes sentinelles
Monter aux mêmes tours ?
[...] (Victor Hugo)
 

 

 

 
Soleil couchant

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !


(Victor Hugo)

 

 

 

 

NOCTURNE

C'est au bord de l'étang
Que je viendrai te voir,
Au bord de l'étang
Quand tombera le soir,
A l'heure où passent les anges
Dans le frôlement furtif de leurs ailes blanches...
Au bord de l'étang, je te chercherai,
Quand s'endormiront les oiseaux,
Me souvenant de ton visage...
Au bord de l'étang
Près de cette eau si pâle et profonde,
Songe nocturne, douceur de limbes...
Dans le silence et les roseaux, je resterai,
Là, toujours je resterai,
Pour te chérir encore
Et te pleurer...

Marie-A.CHAVANNE

 

 

                 

 LA  VIE .

******

 Écartant la vie du doigt
la neige du dehors tombe
   sur les draps tristes
et les vieilles affiches
aussi blême qu'un fard
 le clown se meurt

près de lui ses amis
vifs de sa vie qu'ils ramassent
jouent du violon de lune
avec l'archet de l'âme
aussi blême qu'un fard
le clown se meurt
il entend la musique
et il revoit les hommes
qui ne l'ont pas compris
et c'est tout et c'est tard
aussi blême qu'un fard
le clown se meurt

la neige vient porter
ses nouvelles paillettes
et le violon gémit
et le violon se tait
aussi blême qu'un fard
le clown est mort.

 

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit.
Son regard, Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.

Charles BAUDELAIRE 

 

 

Ma Bohème

 

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot soudain devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal ;
Oh! Là, là! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit- poucet  rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied contre mon coeur !

Arthur RIMBAUD

 

Les feuilles mortes .

 

Avec les progrès de l’automne la campagne se rembrunit et, par endroits,

saigne et jaunit dans son verdoiement monotone.

Puis, rafales, froid, ciel en pleurs ! Encore se métamorphosent,

s’altèrent et se décomposent ces fouillis d’ombre et de couleurs.

Ces doux pastel qui se défont, ces aquarelles presque éteintes,

ces colories vagues, ces teintes d’un fané toujours plus profond.

Lorsque la brume se déchire, on voit luire au soleil peureux

des jaunes d’un vert douloureux, d’immortelle, d’ocre et de cire.

Des rouges- vin, des rouges-  sang, de mauvais roses de phtisie,

tendre et funèbre poésie des pauvres feuilles trépassant !

( Maurice Rollinat )

 

 

Fantaisie.

*******

Il est un air, pour qui je donnerais,
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber.
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets!

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit ;

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre les fleurs ;

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue...et dont je me souviens!

Gérard de NERVAL

 

 

Fête d’hiver

Ouates, flocons, mousses, linons,

la neige a chu par avalanches ;

Si purs et nets sont les pignons que

 l’on dirait des nonnes blanches.

La couche des glaçons vitreux couvre les quais et leurs eaux noires,

et les gamins aux sabots creux claquent du pied sur les glissoires.

Et vers le ciel et ses joyeux dont la lumière est vive et prompte,chaque clocher,

 de bas en haut, semble un ex-voto clair, qui monte.

( Verhaeren)

 

 

RALENTI  TON  RYTHME .

****************** 

As-tu déjà observé les enfants jouer sur un carrousel ou écouter la pluie tomber sur le toit ?

As-tu déjà suivi un joli vol d’un papillon ou admiré un coucher de soleil ?

Tu devrais t’y arrêter . Ne danse pas trop vite car la vie est courte.

La musique ne dure pas éternellement !

Est-ce que tu cours toute la journée, toujours pressé ?

Lorsque tu demandes »Comment ça va ? » est-ce que tu prends le temps d’écouter la réponse ?

As-tu déjà perdu contact avec un ami, laissé une amitié mourir parce- que

 tu n’avais jamais le temps d’appeler pour dire bonjour ?

Tu ferais mieux de ralentir ,ne danse pas trop vite

car la musique cessera un jour.  La vie est si courte !

Lorsque tu cours si vite pour te rendre quelque part,

 tu manques la moitié du plaisir d’y être.

Lorsque tu t’inquiètes et tu te fais du soucis toute la journée,

c’est comme un cadeau non ouvert que tu jetterais.

La vie n’est pas une course, tu dois ralentir ton rythme,

prends le temps d’écouter la musique avant que la chanson ne soit terminée

 

Émotions

 

Les nuages se sont enfuis,

Doucement poussés par le grand vent d'été.

Sous le ciel limpide,

Au dessus de la colline

Où fleurissent les genêts,

Un vol frémissant d'hirondelles...

Les blés tendrement, s'inclinent dans la lumière

Respirant au souffle de la brise...

Un parfum chaud, troublant,

Exalte l'ombre rêveuse,

S'illumine le regard,

L'esprit se perd,

Dans ton COEUR  s'ouvre une rose...

*********************

 

 

 

La tulipe

Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande, et telle est ma beauté,

 que l’avare flamand paye un de mes oignons plus cher

qu’un diamant si mes fonds sont purs, si je suis droite et grande.

 

Mon air est féodal, et, comme une Yolande, dans sa jupe à longs plis étoffés amplement,

 je porte des blasons peints sur mon vêtement ; gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.

 

Le jardinier divin a filé de ses doigts les rayons du soleil

et la pourpre du rois pour me faire une robe à trame douce et fine.

 

Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur, mais la nature,

 hélas n’a pas versé d’odeur dans mon calice fait comme un vase de chine.

( Théophile Gautier)

 

l

Le Printemps.

******************

Nature généreuse et bonne
Mon corps te reçoit dans toute ton immensité
Le soleil se réchauffe
La terre me nourrit
La mer me rejoint
Le vent me caresse
Les arbres me ramènent à mes racines
Les oiseaux me font voyager
La lune me fait rêver...

Que tu es belle
Ouvrir ses yeux
Devant une telle révélation
Et ne jamais s'habituer
Chaque matin t'accueillir
Le coeur en joie
Heureuse
De tant de gratuité .

(Mado )

 

 

 

 

"Citations"

 

 

  • Le plaisir le plus délicat est de faire celui des autres. ( Jean de la Bruyère.)

  • Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres. (Lao-Tseu)

  • Il n’y a pas de plus grandes joie que celle qu’on n’attend pas. (Sophocle)

  • L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée.

  • Nous sommes peu à penser trop, trop à penser peu. Françoise Sagan)

  • Si vous voulez obtenir quelque chose, adressez-vous  à quelqu’un de très occupé : les autres n’ont pas le temps. ( Pierre Daninos)

  • La réalité est une chose au-dessus de laquelle il faut s’élever. (Liza Minnelli)

  • Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères,sinon

  • nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. (Martin Luther King)

  • C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas.  (Victor Hugo)  

  • J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé.  ( Voltaire)

  • On peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes.(Proverbe Juif)

  • Pour moi , être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire. (André Gide)

  • Il faut se méfier des comiques, parce que quelquefois ils disent des choses pour plaisanter. (Coluche)

  • A quoi sert la lumière du soleil, si on a les yeux fermés. (Proverbe Arabe)

  • Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère. (Montaigne)

  • On commence à vieillir quand on finit d’apprendre. (Proverbe Japonais)

  • Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours.  (Gandhi)

  • Nos désirs sont comme les enfants : plus on leur cède, plus ils deviennent exigeants. (Proverbe chinois)

  • On regarde en l’air et l’on ne voit  pas ce que l’on a à ses pieds. (Lucien)

  • Il faut compter ses richesses par les moyens qu’on a de satisfaire ses désirs.

  • Innover, ce n’est pas avoir une nouvelle idée mais arrêter d’avoir une vieille idée.

  • Il y a deux manières de prendre une femme : par la taille et par le sentiment.

  • Si élevé que soit l’arbre, ses feuilles tombent toujours à terre.  (Proverbe chinois)

  • Tous les trésors de la terre ne valent pas le bonheur d’être aimé.  ( Calderon ) 

  • Nous avons besoin d’ hommes qui savent rêver à des choses inédites.(J. F. Kennedy)

  • Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. (Lao-Tseu)

  • Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part. (Saint-Exupéry)

  • Vieillir ensemble, ce n’est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.  (Jacques Salomé)

  • Un mot aimable est comme un jour de printemps. (Proverbe Russe)

  • Les esprits sont comme les parachutes. Ils ne fonctionnent que quand ils sont ouverts.  (Louis Pauwels)

  • Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage.(Ch. Singer)

  • L’éponge absorbe, mais il faut la presser pour qu’elle s’exprime. (Proverbe allemand)

  • Ce n’est pas parce qu’un problème n’a pas été résolu qu’il est impossible à résoudre.  ( Agatha Christie)

  • Celui qui dit que le bonheur ne s’achète pas a oublié qu’il y a des petits chiots.

  • J’ai tout donné au soleil, tout, sauf l’ombre. (Guillaume Apollinaire)

  • Ce ne sont pas les heures qui sont précieuses, ce sont les minutes. (Bernard Shaw)

  • Les larmes les plus amères versées sur les tombes sont celles des paroles non dites et des actions non accomplis.

  • Tomber d’un arbre , c’est haut. Tomber d’un avion, c’est encore plus haut. Mais tomber en amour , c’est la chute fatale.

  •  ********  Seul l’amour peut se diviser à l’infini sans jamais diminuer. *********